Conférence

« Charles de Baschi, Marquis d’Aubais, (1686-1777) un bon catholique, un grand protestant « 

Conférence de Patricia CARLIER, Docteur de l’Université de Provence,
chargée de mission territoriale.

Vendredi 10 novembre à 18h, médiathèque.

Entrée libre.

Organisée par l’Association Maurice Aliger.

Le Marquis Charles de Baschi (1686-1777) est l’héritier unique du château d’Aubais, né dans une famille protestante de la première heure. Contraint à la conversion au catholicisme après la révocation de l’Edit de Nantes, alors que son père est parti se réfugier à Genève, ce nouveau converti n’aura de cesse de tenter toute sa vie de réconcilier les deux religions. Héritier de la bibliothèque de ses ancêtres, il l’augmente de 20 000 volumes et fait construire une aile du château pour accueillir ses livres et en permettre la consultation au public.

Bon catholique à la Cour où il devient le documentaliste attitré des généalogistes nobiliaires,

Il est aussi, lorsqu’il revient en son fief d’Aubais, un grand protestant.

Grâce à ses fermiers sur qui il peut compter, à ses gens des deux confessions au château, à sa bienveillance à l’égard des catholiques du village, il se tient à Aubais régulièrement des assemblées au désert, plusieurs prédicants de différents courants y viennent prêcher et le Marquis est parfois obligé de demander à Paul Rabaut de venir arbitrer les débats.

Il reçoit en sa bibliothèque et au château, au vu et au su de tout le monde, des pasteurs dont la tête est mise à prix, des mariés au désert, sans que personne ne soit inquiété, lui qui est le beau-père du capitaine des Dragons de Gallargues chargé de la répression locale envers les Protestants. Pourtant on roue et on déporte à Nîmes toute proche…

Grâce à Charles de Baschi, intellectuel et philosophe qui se plaçait au dessus des religions et à sa renommée protectrice,  « le petit monde parpaillotin d’Aubais » comme l’appelle son bibliothécaire Prion, d’origine catholique, a permis à ce fief protestant de traverser 50 ans de répression sans dommage, alors qu’à Paris le marquis s’emploie à inciter la Cour à la tolérance.